Mieux-vivre en ville : une vraie soif de changement

Depuis quelques années déjà, les TOP 10 des villes où habiter, où étudier et où travailler se multiplient sur le net. Plus qu’une mode passagère, ces classements expriment surtout un besoin croissant de changement de la part des citadins et tentent de répondre, à leur manière, à des interrogations légitimes.

 Vivre en ville : du changement !

De nombreuses études tentent de traduire, par des chiffres, les aspirations des urbains. Toutes parviennent aux mêmes conclusions. Les citadins souhaitent mieux vivre en ville et surtout… différemment. Une enquête CSA pour l’Observatoire du Bonheur datée de 2015 montrait déjà que les habitants des grandes villes expriment un ras-le-bol profond face à certains inconvénients propres à la vie urbaine. En tête de liste : pollution, insécurité, nuisances sonores et problèmes de stationnement. A première vue, rien de très surprenant. Néanmoins, les villes comportent des avantages certains, dont la plupart des citadins ne pourraient, à coup sûr, pas se passer. La présence de nombreux moyens de transports, la proximité et la variété des commerces, des services publics et des activités culturelles sont très largement plébiscités par les urbains d’aujourd’hui. Le principal enjeu est de réussir à intégrer les aspirations des habitants aux avantages de la vie urbaine. Un véritable défi pour les concepteurs, urbanistes, architectes de la ville de demain et donc… des projets d’aujourd’hui. Par ailleurs, on note que les personnes les moins heureuses seraient, en règle générale, celles qui vivent dans les plus grandes villes. Un constat amer pour la capitale et les grandes agglomérations de l’Hexagone.

Lien social et ville : mieux vivre-ensemble dans l’espace urbain

Dans la plupart des grandes villes, les interactions avec le voisinage immédiat sont le plus souvent limitées : quelques paroles gênées, hâtivement échangées dans l’espace restreint de l’ascenseur, entre inconnus. Certains évènements, comme la fête des voisins, annoncée chaque année par les collectivités, tentent de recréer un lien de voisinage qui semblerait s’être globalement délité. Selon l’étude CSA, 43 % des habitants des grandes villes déclarent bien connaitre leurs voisins. Cependant, plus la ville est grande, plus ce chiffre est bas. De même, les jeunes seraient moins enclins à échanger réellement avec leurs voisins. Evidemment, la situation est différente, en fonction des villes et des régions. Les seniors, en revanche, continuent d’avoir des liens privilégiés avec leur voisinage direct. La ville serait donc destructrice de lien social ? Ce constat est largement partagé par les universitaires et beaucoup de ceux qui réfléchissent sur la ville. Lors de tables rondes organisées les 21 et 22 novembre 2016 en collaboration avec la Ville de Paris, Carlos Moreno, Président du Comité scientifique du Forum International de la smart city urbaine, affirmait ainsi que «  cette perte du lien social risquait aussi d’entrainer celle des rapports intergénérationnels ». En effet, si les voisins semblent ne pas se parler, les jeunes et les seniors s’ignorent très largement, fragilisant d’autant plus les contacts entre générations. Il est tout de même envisageable d’encourager le vivre-ensemble et la mixité sociale. Certains écoquartiers le font déjà. A l’écoquartier de Louvres et Puiseux-en France, par exemple, les boutiques et lieux de services (écoles, crèches) sont regroupés autour d’espaces publics fédérateurs. A Brest, l’écoquartier les Capucins rassemble, outre 25 000 m² de bureaux et 560 logements, une médiathèque, un cinéma multiplexe ou encore un centre national des arts de rue. Le but ? Limiter les déplacements de chacun des habitants tout en favorisant les interactions au sein d’espaces partagés entre tous.

Et demain ? Réinventer la ville pour le bien-être des urbains

Crédit photo : iStock

Loin d’être optimistes pour l’avenir, les citadins ont une perception très négative de ce que sera la ville de demain. Sur le panel de personnes interrogées dans l’enquête CSA, 60 % pensent que la ville de demain sera plus polluée, 62 % plus saturée et plus dense et 54 % plus verticale avec des tours et grands ensembles à perte de vue… Pour faire court, on est loin de l’idylle. Pour les urbains, le rêve d’une ville idéale, verte et créatrice de liens sociaux n’est pas si évident. Remettre la nature à l’honneur ne se limite évidemment pas à essaimer quelques arbres dans les quartiers. Intégrer la nature à l’urbain représente un enjeu bien plus ambitieux. Les écoquartiers espèrent réussir à réunir l’urbain et la nature dans des espaces intégrés. La nature peut en effet jouer un rôle notable pour améliorer le quotidien des habitants des villes. Pour lutter contre la pollution, la priorité est ainsi donnée aux espaces verts. En Allemagne, le Heidelberg Village, pionnier du genre, a été mis en œuvre dans le but de recréer ce sentiment de verdure. Des jardins verticaux ont été réalisés avec, notamment, des vignes sauvages, des arbres fruitiers en espaliers ou encore des plantations de kiwi. Mais les Français ne sont pas en reste. Au sein de l’écoquartier la Courrouze à Rennes, les espaces verts ont été placés au centre du projet et occupent aujourd’hui 1/3 du quartier. Le bois, les landes, les friches végétales ou les chemins de terre ont ainsi été préservés, valorisés et parfois recréés. A Louvres, une grande lanière végétale relie le quartier au reste de la ville, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance à un même espace communautaire. Plus besoin de ballades en forêts pour trouver un peu de nature.

324 écoquartiers, en projet ou en cours de réalisation, possèdent le label du Ministère de la Cohésion des Territoires. Distribués au compte-goutte, ces labels sont le fruit des efforts de l’ensemble des porteurs de ces projets, des habitants jusqu’aux concepteurs. Depuis quelques années, ces entreprises semblent se multiplier. Un mouvement d’ampleur dans lequel s’engagent tous ceux qui souhaitent contribuer à l’élaboration de la ville de demain, en y apportant leurs idées et participation.

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