Le bien-être au travail, une équation complexe

Parler de bien-être au travail, c’est trop souvent encore faire le constat que le compte n’y est pas. En effet, selon le baromètre Actinéo 2015, 35 % des salariés français considèrent que leur entreprise ne se préoccupe pas suffisamment du bien-être de leur espace professionnel, signe d’une marge considérable de progression en la matière. Or le bien-être au bureau est tout sauf anodin. Il en va de la cohésion des équipes, de leur santé et au final de l’efficacité et de la productivité du travail des salariés. Un constat validé par le baromètre Actinéo : 54 % des personnes interrogées déclarent que l’espace de travail a un impact important sur leur motivation !

Le bien-être au travail, quelques mesures de bon sens

Dans un premier temps, améliorer le bien-être au travail relève de mesures relativement simples à prendre qui concernent l’environnement physique. Elles s’articulent en priorité autour du triptyque bruit, température et lumière. Le développement des open spaces a considérablement augmenté le volume sonore dans l’environnement de travail, provoquant stress, manque de concentration et agressivité. Or il suffit parfois d’équiper les locaux de faux-plafonds, le sol de moquette ou de PVC et de placer des armoires dites « pare-son » qui viennent faire obstacle aux ondes sonores, pour faire baisser sensiblement le bruit ambiant. Côté température, l’ancien n’est pas logé à la même enseigne que le neuf, puisque les bâtiments doivent aujourd’hui respecter des normes d’isolation thermique permettant un meilleur contrôle de la température intérieure. Dans l’ancien un système de ventilation efficace doit être installé pour conserver une température mais aussi une hygrométrie optimales. Enfin côté lumière, le mieux est de favoriser l’éclairage naturel, tout en évitant l’exposition aux rayons du soleil. La solution : disposer de façon adéquate le poste de travail, ou placer des protections adéquates (vitrages réfléchissants, stores…). Quant à l’éclairage électrique, il convient de privilégier des lumières chaudes et surtout des éclairages individuels que chaque salarié pourra adapter à ses goûts et contraintes. Ajoutons à ces éléments la décoration, le choix des tons et des matériaux devant être soigneusement étudiés. Les couleurs vives, gaies et modernes, un mobilier innovant et original contribuent à une ambiance plus détendue, tout comme la présence de plantes vertes, qui ont en outre un effet dépolluant.

L’espace de travail doit s’adapter à de nouveaux usages

Mais ces premières diligences effectuées, il faut s’attacher à une vision plus large et globale de l’entreprise et de la vie professionnelle. De fait, les français ne travaillent plus de la même manière qu’il y a 30 ans ! Selon une étude JLL et Unwork d’avril 2017, 42% des Français sont déjà séduits par le 100% nomade et la fin du bureau comme lieu de travail principal, le télétravail s’imposant pour des raisons pratiques comme sociétales. Les « digital natives », nés entre 1980 et 2000, n’ont pas le même rapport au temps et à l’espace, pas plus qu’à la hiérarchie, que leurs ainés. Dans ce contexte, améliorer le bien-être au bureau, c’est imaginer des espaces susceptibles d’évoluer à la demande, souples et conviviaux à la fois.

Le bien-être, c’est donc aussi un espace professionnel qui intègre cette nouvelle donne. Mettre en place des postes de travail non-pré-définis, ce qui implique que les salariés vont pouvoir choisir leur emplacement de travail du jour en fonction de leur projet, participe de cette politique. Si le nombre de mètres carrés réels par poste de travail s’inscrit à la baisse, l’espace professionnel connaît ainsi une diversité nouvelle : open spaces, vastes bureaux cloisonnés, coins salon, grandes salles de réunions, espaces plus intimes pour comités plus restreints… Fini le temps où chacun avait son propre bureau ou son propre poste. Le travail se fait en mode projet, l’espace doit s’y adapter pour faciliter échanges et réunions spontanées. En outre il faut souligner l’importance de la mobilité lors d’une journée. Cette mobilité se traduit par le choix d’assises flexibles comme par exemple travailler en semi-debout voire debout pour quelques temps afin de changer les postures, pour une meilleure prévention des TMS (troubles musculo-squelettiques).

Enfin l’espace de travail est aussi… un espace ludique ! On observe dans les aménagements la création d’espaces moins contraints, où l’on installe des tables de ping-pong, des paniers de basket, des flippers ! Des cafétarias lounge favorisent les échanges et la détente. Certaines entreprises vont jusqu’à aménager des îlots de silence, permettant aux salariés de déconnecter et de faire la sieste.

L’espace de travail, une question de prestige

Mais choyer l’espace de travail relève aussi de l’image ! Certaines sociétés ne s’y sont pas trompées : à l’image de Facebook, Google ou Amazon, de nombreuses entreprises innovantes et bien-portantes font de leur projet immobilier un véritable projet d’entreprise. Comme le souligne l’étude Deloitte Millennial Innovation Survey de 2012, la prise de conscience qu’espaces de travail et innovation sont fortement corrélés s’est considérablement répandue. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs créé des lieux dédiés à l’innovation, et notamment Microsoft avec le « Garage ». Si l’architecture extérieure reste un symbole essentiel, l’aménagement et la conception des bureaux deviennent en conséquence un outil stratégique et managérial qui transcende les questions techniques. Sont en jeu la culture de l’entreprise, sa conception de la hiérarchie avec un management plus horizontal et plus d’espaces collaboratifs, une volonté de répondre aux défis du développement durable avec le choix de matériaux écologiques et sains.

Sans oublier l’interaction avec l’environnement : l’espace intérieur s’ouvre sur l’extérieur, qui peut parfois être aménagé pour recevoir une riche biodiversité. Certains ont même développé une véritable « ambiance » comme la « biosphère » d’Amazon à Seattle qui permettra à ses collaborateurs de travailler dans une serre sur cinq étages, plantée d’arbres de différentes régions du globe pour préserver la biodiversité, assurer la qualité de l’air et favoriser les liens entre les collaborateurs.

Le RSE en ligne de mire

Un nombre croissant de bâtiments se veulent exemplaires : ils devancent les exigences réglementaires en termes d’éco-efficacité et prennent en compte les enjeux territoriaux. Pour optimiser ces choix, les salariés sont impliqués et deviennent les acteurs de leur bien-être. L’espace de travail devient ainsi un microcosme interactif dans lequel le comportement du salarié est essentiel. Le siège d’Accenture en France est à cet égard emblématique : l’attention a été portée à l’écosystème de l’entreprise, avec l’implication des salariés. Une certification environnementale type « HQE Exploitation » ou « BREEAM in use » peuvent servir de moteur à ces objectifs. Intéressant aussi le référentiel OsmoZ, lancée par Certivéa, qui regroupe les solutions plaçant la qualité de vie des utilisateurs et la performance RSE au centre des organisations. Citons également le label Great Place to Work (www.greatplacetowork.fr) : il récompense les sociétés où il fait bon travailler. Fondé sur une démarche incitative et positive, il vise à instaurer la confiance dans l’entreprise, en améliorant les comportements et l’environnement au travail. Ainsi promouvoir le bien-être des salariés va aujourd’hui bien au-delà de la mise en place des traditionnelles mesures d’amélioration de l’habitat. Favoriser le bien-être dans l’espace de travail, c’est intégrer une dimension environnementale, sociétale, avec la collaboration de tous les acteurs du projet, et des salariés en premier lieu. Une véritable révolution des pensées au profit du bien-être de chacun !

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